cher blog,
Ce jour là, comme tout les deux jours à six heure, je suis déjà réveillé (insomnies oblige..) lorsque mon magnifique G.S.M., par ailleurs trop taciturne, fait son office de réveil-matin au son de la délicate mélopée de carmina burana de carl orff...
Je le laisserais sonner son rappel toutes les neufs minutes et ce jusqu'à 6h27, peut être pour feindre un semblant de grasse matinée, peut être pour l'illusion du choix, peut être pour emmerder bichon qui depuis quelques temps rechigne à se coucher sans boules quiés...
Ce jour là comme tout les deux jours à 6h28, je me dirigerais péniblement d'un pas lourd et nonchalant vers ma cafetière bien aimée, dont je dois au subtil nectar aux arômes d'acide de batterie, de pouvoir braver les lois de newton, du moins partiellement, sans que cela ne m'empêche pour autant d'envisager le plus sérieusement du monde une cure de red bull par voie intra veineuse.
ce jour là comme tout les deux jours, je squatterait mon splendide divan le temps de sécher (j'ai une sainte horreur des essuies bain, ces saloperies doivent sortir tout droit de l'esprit pervers d'un officier ss complexé de ne pas avoir inventé le zyclon b personnellement)...
ce jour là j'écraserai rageusement mon premier mégots, signe de mon départ inéluctable, jetant discrètement un ½il envieux à bichon qui généralement peine à me dire au revoir entre deux ronflements...
à ce stade là, s'entame mon trajet bi-quotidient, vers mon lieu de stage, au programme se trouvent 15 minutes de marche de chez moi jusqu'à la gare, une bonne demie heure de train jusqu'à tournai, et enfin, 30 min de marche sur les boulevard de ma ville bien aimée pour enfin pouvoir passer, 18 clopes plus tard, la porte de mon lieu de stage l'½il torve et le bras ballants.
bien sur à ce stade là de la journée, j'ai déjà une cafetière entière dans le buffet que j'aurais ingérée à mon kot, à laquelle vient s'ajouter la traditionnelle tasse de café soit disant noir du panos de tournai, le tout conjugué à une cure de mp3 qui me gueule du slipknot (wé je sais j'ai honte) à fond de calle pendant une demi heure, il n'empêche que ma première activité au boulot consistera à me rendre (mais alors dur dur hein, quasi au radar genre le bébé tortue de mer...) au mess et de demander en substance à toute l'équipe de nursing :"qu'est qu'il ya heu...du café? mmphrrfgniavabien?"...sous l'½il médusé de mes collègues, tous frais comme des gardons, prêts à décrocher la lune, ça ne leurs faits pas peur, des sacrifices si il faut il en feront,z'en ont déjà fait, tout ça tout ça...
je travaille en milieu psychiatrique ( en un mot svp) et lorsque l'ont prend la peine d'arpenter les couloirs de ce genre d'institution, il n'est pas rare de pouvoir observer des personnes sous méthadone, ou sous rhisperdal , ont a beau s'y attendre, ça reste impressionnant...nettement moins quand même qu'un callenellois insomniaque caféino-dépendant, la mâchoire crispée a s'en péter les dents et les yeux mi-clos...
Certain de mes collègues ont une expérience professionnelle de la psychiatrie qui se calcule en décennies voir parfois même en décades (mais c'est plus rare quand même), y'en à même un qu'était là lors de la grande émeute de 87, que lui il en vus, que lui ont lui fait pas, un mélange du père foura et de maitre yoda en somme, ben même lui, quant il me désigne la cafetière du bout d'un doigt tremblant, il se demande, ne serait ce qu'une fraction de seconde, si je ne suis pas du genre à découper des bonnes femmes dans ma cave...je le sent bien...
Deux entretiens neuro-psy et trois clopes plus tard (j'vous donne pas les détails, conscience professionnelle oblige, et interprétez ça comme vous le voulez j'm'en fous) viens le sacro saint temps de midi, le moments de la journée que beaucoup, dont certain les plus sages, préfèrent; le fameux temps de pause où les fesse solidement calées dans une chaise en plastique moulée, nous échangeons entre collègues et amis les potins du jour, autour d'un mauvais sandwich et de quelque tasses de café bien méritées...
curieusement, quelque soit l'endroit où il m'à été donné de travailler, les discussion du temps de midi sont toujours les mêmes... :" trop de paperasse, faut que ça change, tel patient blablabla, tel collégue blablabla, tu reprend un peut de café?, ben moi ma femme c'est pareil, quelqu'un à vu ce film?, qui prend du café? non callenelle c'est pourris, pire y'a que Charleroi, sans ça j'vois pas, y'a encore du café?"
et à chaque fois où presque, ce merveilleux moments de détente se conclut sur :" y'a quelqu'un qui veut en fumer une?".
généralement, l'après midi se déroulle comme la matinée, sauf qu'il fait soit trop chaud, soit pluvieux, et que je passe beaucoup de fois par la case toilette tant il est vrai que les vertu diurétique du cawa ne sont plus à démontrer....puis, y'a les projets à défendre, les prototypes d'anamnèses à peaufiner, les tests à corriger, le planning à revoir, les plans d'accompagnement à individualiser, les hypothèses diagnostiques à argumenter (- il est totalement dingue -prouvez le! - il sculpte ses excréments tout de même! - ça prouve rien du tout!...) les activités éventuelles à gérer, le planning à revoir, les dossiers à confronter, boire un café, le planning à revoir etc etc,
c'est alors seulement, que je pourrait regagner mes pénates, fourbus, lessivé, au bord de la tachycardie, et en grande partie à pied...
mais alors quelle fierté!, quel sentiment d'accomplissement, quel mal de dos certes, mais quelle extase de se mater dans le reflet de la vitre du train, fier du travail accomplis (moi qui suis fier hein, pas le train), et de pouvoir se reposer un chouïa...
Se reposer? non!
Car ce jour là comme tout les deux jour, bichon me demandera avec force d'arguments de ranger le kot de fond en comble, parce que :" on n'y retrouverais pas ses jeunes", avant de me demander, pendant que je cuisine, ce qu'il y a au programme de la soirée, parce que elle, elle à une pêche d'enfer!
et ce bien évidemment sur fond de "tu ne fou jamais rien, et de tu ne te rend pas compte des journées que je passe"
bien à vous...
moi